Le Mur BY L'ENSPAC, L'ESAH et ZOOM

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En début de semaine, les élèves de l’ENSPAC (l'école nationale supérieur d'art de Paris-Cergy) et de l'ESAH (école supérieur d'art du Havre) ont fait vivre le MUR.. Encadrés de leurs professeurs, Éric MAILLET, Christophe CUZIN, Yann OWENS et Stéphane TROIS CARRES, les élèves se sont appropriés les 3m sur 6… L’équipe du MUR, a accompagné le projet tout en restant assez distant pour donner une plus ample autonomie aux élèves.

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                               Rencontre de l'équipe du MUR avec les élèves (Pix Stéphane TROIS CARRES)

C’est la première fois que des écoles investissent les lieux et que le Mur mue à un tel rythme. Stéphane TROIS CARRES, présente ainsi ce projet : «  Le grand paradoxe de l'enseignement artistique est cette exigence d'autonomie et cette nécessité d'acquérir des compétences pratiques. Ainsi, l'étudiant se retrouve dans la double contrainte d'une écoute attentive, de l'acquisition de geste connu et de la définition de son projet personnel. Cette apparente contradiction disparaît dans la réalisation d'un projet pour lequel il s'est totalement investi. Cela permet au cours du partage d'expérience avec le groupe et l'enseignant de mettre en place un dialogue entre l'action artistique, ses motivations et son principe. Le projet "Le Mur" fut exemplaire dans ce sens où l'investissement des étudiants et des enseignants fut total. Tant sur la qualité des dialogues et du partage de compétence. Assurant durant une semaine une dizaine de proposition de la dimension du mur, les étudiants de l'ENSPAC et l'ESAH ont rapidement compris les possibilités et les problématiques offertes par cette surface de 3 mètres par 6 mètres située au coin de la rue Oberkampf et de la rue Saint Maur. Très rapidement, ils ont pris en compte la nécessité d'un renouvellement rapide, voir immédiat des propositions plastiques. »

Trois mots d’ordre : investissement, partage et échange, qui ont fait de ce Workshop une belle expérience…
Les écoles se sont misent à la rue…et ont été soumises à ces contraintes: le temps et ces aléas. Cette expérience à été riche en découvertes : ils ont pu être confrontés à un nouveau public, à de nouveaux regards.


Comme le souligne, Kévin CADINOT, ce Workshop impliquait à la fois un travail définit en amont, mais aussi un travail d’improvisation et d’adaptation, rendant l'expérience d’autant plus intéressante : « l'idée était que chaque personne devait intervenir sur le mur dans un laps de temps restreint, puisqu'il y avait entre 3 et 4 interventions par jour. Il fallait que chaque étudiant des deux écoles  pense à un projet simple et rapide quitte à réutiliser et/ou modifier l'intervention précédente. Un très bon travail d'adaptation et de collaboration devait s'effectuer.»


Le premier collage, réalisé par Kévin CADINOT, a redonné toute sa virginité au mur… Son  projet a été « d'agir en premier par la pose d'une bande blanche de 0,60m. x 8m. au sol qui a récolté les traces de toutes les interventions qui ont eu lieu durant cette semaine (traces de pas, de colle, de peintures...). À l'image d'une pellicule photo ou d'un film qui retient une image selon un temps de pose définis. Ensuite j'ai travaillé sur la préparation du support en collant des bandes de papier kraft blanc en jouant simplement à cassé les angles des renfoncements du mur, rendant ainsi le mur vierge et prêt à être réinvesti par les phylactères de couleurs de Delphine BOESCHLIN ».
Il nous a également fait part de ses impressions : « C'était la première fois que je me confrontais à une surface aussi grande et en pleine rue, la météo a été l'élément le plus pénible et j'imagine qu'en plein été cela ne doit pas être facile non plus. Je pense aussi qu'être passé le premier et "bouclé" cette semaine a beaucoup facilité mon travail qui n'aurait pu exister autrement. »
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                                                                  Photo Kévin CADINOT

Kévin CADINOT va ainsi préparer la base pour l’œuvre de Delphine BOESCHLIN. Sur le mur blanc, elle a collé des phylactères colorés.

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                         Pix Stéphane TROIS CARRES

P1680413.JPGSylP1680410.JPG                                                                                                Pix Syl

Les premières interventions inter-écoles commencent alors. Stéphane LOYE de l'ENSPAC colle la première affiche sur le travail de Delphine BOESCHLIN. Il s’agit d’un jeu de mots sur le son « MO ».

Puis, toujours sur  cette continuité du cadavre exquis…c’est au tour de Claudia TENNANT et Théo ROBINE-LANGLOIS de poursuivre leur travail à partir de celui de leurs prédécesseurs...

 

_A8Y9716.jpg                                                                Pix Kévin CADINOT
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En fin de  journée, le MUR se farde d’une nouvelle peau, bien plus géométrique avec une ligne marquée au  cutter par Eléonore de MARGERIE.
_A8Y9852-copie-2.jpg                        l'électroencéphalogramme d'Elénore de MARGERIE (Pix Kévin CADINOT)

Le lendemain matin, le MUR a tourné une nouvelle page pour recevoir le travail de Grégoire LEDUEY et Edouard FDIDA. Autopromotion ironique qui à fait du MUR une annonce géante avec des languettes de numéros…

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20680_301305638099_555718099_3487296_1995667_n.jpg                                                                      Pix Stéphane TROIS CARRES

Puis, ce furent au tour de Quentin MOCQUART et Charly TILMANT. Pour Quentin MOCQUART, ce Workhop  « est une excellente raison de se rencontrer à travers le "MUR d'oberkampf", tout en vous précisant que le graff n 'est pas mon intérêt premier mais plutôt un travail de typographie qui devient image. Ce travail a été d'abord un travail de création de caractère en binôme avec Charly TILMANT,  puis un échange avec les étudiants de Cergy qui a aboutit à un travail en commun ». A travers leur création,  ils ont dévoilé un travail autour de l’écriture et de l’alphabet.

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                                                      Pix Kévin CADINOT

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Un récapitulatif en images des performances de Quentin MOCQUART, Charly TILMANT,  Grégoire Le DUEY et Edouard FDIDA.

 


Le travail a été repris par Antoine RONIN, dans une lignée plus « graffique ». La bombe et peinture étaient alors à l’honneur..

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Dans la soirée, Stephen LOYE fait une nouvelle proposition à partir de ce qui est déjà in situ. Armé d’un ruban de scotch métallisé, il se sert des éléments préexistants comme base pour sa performance.

 

Le Workshop se poursuit vendredi matin, avec la performance de Léa PORTIER. Son œuvre avait été réalisée en amont dans les ateliers de l'ENSPAC. Pour elle, ce projet, « a été une super expérience au niveau de ma pratique parce que je n'avais pas peint depuis plusieurs mois, et d'un coup, on me demandait de faire une peinture de 3 mètres sur 8 en quatre jours. Du coup, il a fallut que je peigne avant même de penser à un thème, et ca m’a permis d'être complètement libre et impulsive ».
Son collage a connu quelques petits aléas : «  Au moment d'accrocher on s'est rendu compte qu'on accrochait à l'envers, du coup j'ai dû improviser : j’ai déchiré ma peinture et j'ai collé dans tous les sens des morceaux de feuilles. C'est vraiment cela qui m'a plus dans ce workshop: l'impulsivité, devoir prendre des décisions sur le vif, et aussi de travailler en grand. "

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Pix Stéphane TROIS CARRES 


Le Workshop se finalise avec les interventions de Claudia TENNANT, qui affiche un  dripping sur lequel Théo Robine LANGLOIS y colle les images rétrospectives des anciennes performances. Stéphane TROIS CARRES présente ainsi ces perfomances : il s’agit d’un « "All Over" laissant place à la catharsis collective de la peinture blanche sur le mur...Collant les images faites au cours de l'histoire du lieu, combinant des affichettes A3 sur la peinture blanche bouclant ainsi le débat de la peinture et de l'image en une mise en abyme sur la surface saturée". Pix Syl
 

_A8Y9953-copie-1.jpg  Intervention de Théo Robine LANGLOIS (Pix Kévin CADINOT)


La dernière action a été  réalisée par Kévin CADINOT. Ce travail consistait à faire la boucle du Workshop par une photo de la bande qu'il avait préalablement posé au sol.

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                                       Intervention de Kévin Cadinot aidé de Eléonore de MARGERIE


LE MUR BY ZOOM:
En fin de semaine, c’est Fabrice et Julien, aka ZOOM, qui reprennent le MUR. Leur travail se base sur la thématique des représentations et sur la place de l’image dans la société. Pour le MUR, ils se sont inspiré d’un tableau qui, à son époque, a fait polémique: L’origine du monde de COURBET, pour une nouvelle fois le désacraliser,  en faisant de cette œuvre un copie périssable… Ils ont une approche toute particulière : ils n’utilisent ni peinture, ni affiche, mais des aliments. Cette fois-ci,  il s’agissait du bon binôme « pain - fromage » avec une touche chocolatée.

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Pix Thias
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                                                                 Pix Syl

Ils présentent ainsi leur intervention : « Cette action s’est opérée en récupérant  une image sur internet que nous avons repixellisée tout en étant conservant les dimension d’origine. Nous l’avons ensuite recontrasté et indexée à six nuances de couleurs afin d’obtenir une gamme de tons et de formes calibrées ». Chaque mosaique alimentaire était célophanée. Pour les tonalités, les éléments de bases étaient déclinés en deux nuances.

r-P1680720.jpg                                                                     Pix Syl
zoom17.jpg                                                                                 Pix Thias
rP1680719.jpg                                                                                   Pix Syl

Le concept d’une œuvre périssable est une forme innovante d’aborder le MUR… Au fil des jours, l’œuvre a attiré de nombreuses mains curieuses et des gourmands…
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                                                  Pain & Fromage addicted (pix Syl)

Ces traces témoignent bien que le MUR réalise un de ses objectifs : attirer des curieux, des mains, des regards et, cette fois ci, même des gourmands...


Billet
Syl, Pix Thias, Stéphane TROIS CARRES et Kévin CADINOT.

Un grand merci à Stéphane TROIS CARRES, ANTOINE RONIN, Kévin CADINOT, Léa PORTIER et Quentin MOCQUART.

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Crikette 02/05/2010 01:10


Bonjour
je découvre ton blog par l intermédiaire du site . Habitant dans le bas de la rue,je connais bien le mur.

Je ne savais pas qu'un blog avait été autour du projet, c'est super. Dorénavant je suivrais. A++


troiscarres 27/02/2010 11:03


Ce fut un grand moment

merci

des vidéos à cette adresse

http://blog.esah-lehavre.fr/?p=429